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Junte

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Junte

« Junte », un mot à la mode ces derniers temps, notamment dans le cadre du bilan du cyclone Nargis, qui a dévasté la Birmanie. Mais que signifie-t-il vraiment ?

Allumez la radio, ouvrez les journaux, jetez un coup d’œil à la télévision. S’il arrive que le speaker/rédacteur/présentateur (rayez la mention inutile) aborde le sujet du cyclone Nargis, il y a de très fortes chance pour qu’au moment d’évoquer le pouvoir militaire qui sévit en Birmanie (ou Myanmar), vous entendiez/lisez (rayez la mention inutile) « junte ».

C’est tellement souvent que ça finit par taper sur le système. Qu’est-ce qu’une « junte » ? Le Petit Robert indique : nom féminin, d’orignie espagnole (junta). Conseil, assemblée administrative, politique, en Espagne, au Portugal et en Amérique latine. Il ajoute les usages les plus courant : Juntes révolutionnaires. Junte militaire.

Un mot, deux erreurs

Donc les journalistes qui l’utilisent à toute les sauces font deux erreurs. Premièrement la Birmanie n’est ni en Espagne, ni au Portugal, ni en Amérique latine, donc le mot junte ne lui est pas approprié. Ensuite, junte en lui-même ne porte pas de sens militaire, ou autocratique ; il faudrait donc préciser - si on ignore la première erreur - junte militaire. L’utilisation répétée de ce mot est en train de changer son sens. D’après l’usage qui en est fait aujourd’hui, on pourrait croire qu’il s’agit d’un pouvoir autoritaire fondé sur le contrôle militaire d’un pays. Ce que le mot junte ne signifie pas.

Sans doute n’est-ce pas très grave. Mais les professionnels des médias sont, comme leur nom l’indique, des professionnels. Ils se doivent de faire attention en faisant leur boulot, sinon on pourrait croire qu’ils le font par dessus la jambe (allons, qui pourrait penser ça ?). Par ailleurs, les mots ont des significations précises, et les glissements de sens ne sont jamais totalement innocents (voir le mot réforme, par exemple).

Voiler la réalité ?

Dans le cadre de la « junte birmane », on peut s’interroger sur l’absence des synonymes les plus évidents : a-t-on peur de dire dictature, pouvoir autoritaire, autocratie, pouvoir militaire, régime autoritaire, régime dictatorial... qui signifient tous plus clairement ce qu’est la situation politique en Birmanie ? Je n’ose le croire. Ce n’est pas dans les habitudes des journalistes de voiler la réalité...

publié le vendredi 23 mai 2008 à 08h38 par Èffe


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