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Défrayer la chronique

C’est un terme employé fréquemment par les journalistes, et qui révèle pourtant bien autre chose que son sens premier.

Qui n’a lu, vu, entendu « défrayer la chronique » ? Exemples :
-  « L’affaire Plame concerne la révélation, par l’administration Bush, du nom d’un agent secret de la CIA, Valerie Plame, pour discréditer son mari, très critique sur la guerre en Irak. Ce scandale a défrayé la chronique pendant deux ans. » Backchich
-  « Méconnu il y a à peine un an, le fils cadet du président de la République a défrayé la chronique à plusieurs reprises Après ses déboires en deux-roues et sa carrière avortée sur les planches, il s’est illustré dans une intrigue politique à Neuilly. » Le Monde
-  « Accor, dont la grève des femmes de chambre a, durant de longs mois, défrayé la chronique, sert à son tour du café Max Havelaar au bar de ses hôtels. » Le Monde Diplomatique

Du sens dans tous les sens

Si l’on s’en tiens au sens de l’expression, tel que donné par le Trésor de la langue française, « Défrayer la chronique », c’est « occuper le centre des propos, des conversations », « faire abondamment parler de soi, constituer le sujet essentiel de ». On comprend bien l’utilisation dans les exemples ci-dessus. Mais si l’on décompose l’expression, « chronique » se rapporte au recueil de faits réalisé dans les journaux (radios, télévisés ou écrits) et ne prête pas à confusion, alors que « défrayer » peut avoir deux sens :
-  « Donner à quelqu’un, à quelque chose la matière qui correspond à son activité, à son contenu », qui est le sens utilisé dans l’expression,
-  « Payer, rembourser à quelqu’un les frais correspondant à quelque chose », qui est le sens premier de défrayer.

Qui est défrayé ?

Or, la chronique, ce sont les journalistes, ceux qui rapportent l’événement. Quelque chose qui défraye la chronique, cela peut se comprendre à la fois comme quelque chose qui fait l’événement, et quelque chose qui paie ceux qui rendent compte de l’événement. Cette expression souligne le conflit d’intérêt qui existe entre l’événement et ceux qui en rendent compte : la plupart des médias actuels, basé sur la recherche de profit, ont intérêt à ce que des événements défraient la chronique (soient largement diffusés) pour que ces événements défraient la chronique (la large diffusion implique plus de vente - de journaux, de pages de publicité... - et plus de revenus).

Naïveté

Finalement, l’emploi de cette expression par les journaliste relève du candide, du naïf ; ils révèlent ainsi un des rouages de leur travail, la nécessaire spectacularisation de l’information pour obtenir plus d’audience et de profit. Ce n’est pas un constat extérieur, car le journaliste n’est pas un spectateur de la « chronique », il en est acteur ; il construit l’événement en faisant cet annonce. [1] Et de fait, en construisant l’événement, il construit également son revenu... vous avez dit liaison dangereuse ?

[1] Un journaliste qui dit qu’un événement défraye la chronique, c’est comme l’officiel qui baptise un bateau : le dire fait exister le fait.

publié le jeudi 1er janvier 2009 à 12h21 par Èffe


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