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Sacré Jean-Marc S.

Il faut saluer Jean-Marc S., une personnalité importante de notre temps qui dispose d’une denrée rare : la vérité.

Reconnaissons un mérite à Jean-Marc S. : il sait se mettre en scène. Quoiqu’on puisse penser du fond de ses propos, il les dit avec conviction, avec force, en variant les intonations. Si l’on écoute que la musique de sa parole, c’est vraiment formidable, on a envie d’être d’accord avec lui. Malheureusement Jean-Marc S. ne compose pas de musique. Il écrit des chroniques économiques. Qui ont du sens. Qui sont, du coup, nettement moins agréables à entendre.

J’avais pris ici l’engagement de tenir le journal des énormités quotidiennement débitées par Jean-Marc S. ; mais je ne puis tenir cet engagement éreintant. Je profite donc de deux billets particulièrement révélateurs (18 et 24 janvier 2007) pour brosser le portrait intellectuel de l’individu.

Un événement formidable

Pour Jean-Marc S., tout commence ce matin avec le compte rendu d’une réunion organisée par l’IDE (Institut de l’entreprise, dont je vous laisse découvrir les membres), et vlà-t’y pas que l’IDE a eu l’idée d’inviter des représentants de la « gauche » et de la « droite » pour « débattre » des programmes économiques des deux candidats, Mme Royal et M. Sarkozy (les autres ne comptent pas, ils sont juste bon à remplir les questionnaires des sondages, sinon le tableau de réponse serait un peu vide).

« On assiste à une mobilisation assez forte des milieux d’affaire, des chefs d’entreprises, des économistes, dans cette campagne présidentielle. Ce qui est une chose assez rare, parce que jusqu’à maintenant, les patrons restaient très prudents, il ne s’engageaient guère dans les campagnes électorales. »

Dis comme ça, on comprend pourquoi il est important qu’il nous en parle. Si c’est rare que les patrons s’engagent dans une campagne électorale, et que là ils le font, il est heureux que Jean-Marc S. nous prévienne. Sauf que c’est faux. Les patrons ont l’habitude de s’engager dans les campagnes électorales, comme le montre l’exemple des Dassault père (Serge, sénateur) et fils (Olivier, député) ; pour ce qui concerne les campagnes présidentielles, la lecture d’un article de l’Humanité nous renvoie en 2002, quand le syndicats des patrons appelé Medef proclamait : « Dans six mois, les Français choisiront leur président et leurs députés. Les entrepreneurs veulent prendre une large place dans ce débat électoral pour affirmer les valeurs de l’entreprise et faire les propositions qui favoriseront la croissance et l’emploi par la réussite des entreprises. C’est l’objectif de la campagne. En avant l’entreprise, en avant la France ! »

Oups ! J’m’avons trompé

Là, pour Jean-Marc S., ça la fout plutôt mal. Commencer par une erreur, dont je veux croire qu’elle n’est qu’une faute de jeunesse [1]. Il nous décrit ensuite l’avalanche de proposition issues du patronat ou des universitaires d« e gauche comme de droite d’ailleurs » pour en arriver à ce constat :

« Premier point, ces contributions décrivent une France bloquée, taux de croissance plus faible qu’ailleurs - on le savait -, difficile à réformer, une France qui vieillit en dépit de son taux de natalité, une France d’où les élites, finalement, ont tendance à s’en aller. Ça, c’est un diagnostic partagé par tout le monde, et ça on le connaît depuis des mois, j’allais dire des années.

« Deuxième point, et ça c’est un peu nouveau, toutes ces contributions rappellent qu’il y des contraintes incontournables, et elles disent que c’est complètement inutile finalement de débattre sur ces contraintes, on n’y échappe pas, don c’est pas la peine de se creuser les méninges, de dépenser de l’énergie pour ça, il vaut mieux s’y adapter.

Le monde de Jean-Marc

« Alors la première contrainte, par exemple, vous l’avez deviné, que les français ne veulent pas admettre, c’est la mondialisation. La mondialisation a toujours existé dans l’histoire, elle apporte plus d’avantages que d’inconvénients. C’est pas la peine d’essayer de la contourner. Y’a des contraintes démographiques, la population vieillit, la durée de vie s’allonge, eh bien, on l’accepte, c’est bien, mais on... ça crée des problèmes de financement sur la santé, sur la retraite ; et ça, on le refuse. C’est pas la peine de débattre sur cette question là ! [...]

« Et puis aussi il y a des contraintes institutionnelles, sur lesquelles il n’est pas utile d’essayer de revenir. Exemple - et là je vais faire hurler - c’est la banque centrale européenne indépendante. Elle est installée pour presque 50 ans, on ne reviendra pas, c’est un sujet de débat, mais c’est un débat stérile. »

Résumé de la pensée de Jean-Marc S. : la démographie est du même ordre de réalité que la mondialisation, c’est tout aussi « incontournable ». Ignorant royalement le processus social qui a abouti à la mondialisation, qui n’est pas de l’ordre du naturel mais bien du construit, Jean-Marc S. se figure un monde où rien ne pourra changer - surtout pas la banque européenne ! -, un monde où l’action politique est impuissante face à l’économie. Mieux, il nous dit que c’est bien, qu’il ne faut pas essayer de changer ce monde.

Il a raison sur un point : la « gauche » et la « droite » sont d’accord sur le constat, et j’irais même plus loin, sont d’accord sur les solutions. Depuis le tournant de la « rigueur » du gouvernement de gauche (dès 1983), la politique économique a été relativement identique sous les deux tendances. À vous d’en tirer les conclusions utiles pour votre vote.

Racket

L’extrait de la chronique du 24 janvier est plus court, et plus percutant. Du Jean-Marc S. en concentré, si l’on veut. « Le revenu [du] travail est racketté, entre guillemets, par l’État, les organismes sociaux. »

C’est le même qui écrivait dans son livre "Une petite douleur à l’épaule gauche" (publié en 2003 chez Ramsay), qui contait son hospitalisation pour une grave maladie nosocomiale : Sans la Sécurité sociale, couplée à des systèmes complémentaires d’assurance financés en partie par l’employeur, je n’aurais jamais eu les moyens de payer cette chance de survie. La querelle du déficit est sans doute importante, mais elle est dérisoire par rapport à l’enjeu. Quand on sait la valeur détruite chez Vivendi sous le règne de Jean-Marie Messier, ou celle qui s’est évaporée à France Telecom. Quand on sait les salaires que demandent les stars du football, on se dit que les hôpitaux pourraient dépenser un peu plus d’argent sans qu’on les traite d’inciviques... Le système de santé français est formidable : il faudrait être sûr que tout le monde puisse en bénéficier... Mais bon, cela implique du racket. Il faut savoir ce que l’on veut, Jean-Marc.

Voilà donc un petit aperçu des élucubrations de l’hurluberlu qui officie tous les matins sur France Inter, à 7h23. Trois minutes de radio pour lesquels des centaines de personnes se damneraient, histoire de faire entendre un son différent. Ha oui, le son différent existe aussi sur Inter, vous pouvez l’entendre à 6h14 (Bernard Maris). Et si on échangeait ?

[1] Jean-Marc S. n’a commencé le journalisme que tout recemment, en 1973, à l’Expansion, année où il accédera au poste de rédacteur en chef du Nouvel économiste. Il commence l’audiovisuel en 1986 sur la Cinq, et deviendra ensuite rédacteur en chef au sein de TF1 ; en plus de sa chronique quotidienne sur France Inter, il anime le « Club de l’économie » et « Décideur » sur LCI.

publié le mardi 20 mai 2008 à 16h38 par Èffe


Post-Scriptum

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Jean-Marc S., pour ceux qui ne le savent pas, est Jean-Marc Sylvestre. Mais comme il est possible qu’il veuille garder l’anonymat, je me suis bien gardé de révéler son identité dans mon article. Et personne ne lit les post-scriptum. Vous ne l’avez pas lu, d’ailleurs.

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